Lofoten – Jour 6

Publié le par Fablyrr

 

Henningvær, ou la Venise des Lofoten. Tout un programme. Cependant, je suis quelqu’un de méfiant. Les norvégiens aiment tout de même bien ajouter du ronflant dans les noms de leurs guides touristiques. Si on les écoute ou si on les lit plutôt : Lofoten sont les plus belles îles du monde et  Reine est le joyau des îles Lofoten. Que dire à cela ? Je n’ai pas beaucoup de moyen de comparaison, alors je mets mon armure complète, comme un occidental allant affronter les solides vikings, sauf que moi, mon ennemi est le froid.

 

Car oui, ça c’est mon plan B. Le plan A, c’était un safari maritime. Voir des aigles, des orques et des baleines. Sans moi. Enfin sans eux. Pas assez de touristes présents. De toute manière, le Monsieur-Safari me dit que le Trollfjord est pris totalement dans les glaces. On n’aurait vu que quelques aigles. Coup bas ! L’homme sort sa lame et achève notre entretien en me disant que c’est dommage car la veille une dizaine d’aigle pygargue étaient venus sur le bateau. Plutôt que de mourir, je prend mon plan B.

 

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aigle vu en chemin dans le car

 

Un bond dans le bus après 10 mn d’attente dans ce qui est ici la gare routière, mais qui a le visage d’un parking entre le poste de police, la station de taxi et les quais menant au Magic Ice. Mais le bus est là, on paye son ticket et d’ici une demi-heure je serai à Venise. Autant vous le dire, dans la catégorie « idées reçues » (donc un pensée en soit stupide) ma première pensée en voyant le chauffeur de bus était qu’il ressemblait à un repris de justice de série américaine. Le type patibulaire au tatouage qui bave, le visage en lame de couteau mais taillé à la lame pour ouvrir les huitres et un regard pas sympa.  Cependant, la seule chose que j’aurai à lui reprocher, c’est une conduite un peu trop sèche et rapide. Rien de bien grave excepté un bon coup de frein en bus, dans un virage sur une route de littoral. Après 30 minutes, j’arrive dans un petit village, vide, au bout du monde. Au bout de la jetée, enfin encore un peu plus loin après quelques tournants. Là, voilà, je suis bien au bout. Je descends, le car disparaît et le plus grand terroriste du coin se jette sur moi : le vent glacé.

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armure complète

 

 

Venise, où es-tu ? Tes canaux se sont faits bouffés par les criques, les pontons et quelques bouts de bois. Ici, des travaux. Là c’est fermé. Entre deux, le vent. Pas plus seul que ça. Visitons la Venise des Lofoten. J’ajuste mes gants et mon armure, je me promène, trouve des rorbuer vides, une carte du coin clouée expliquant les point touristiques importants. J’y aurais presque cru, à six mois prêt. Comme souvent, ici tout est vide et fermé. Je refais un bout de route, profite des paysage, lance quelques rafales saccadées de mon appareil photo et tente de rejoindre un point civilisé. Boutiques de souvenirs : fermés. Hôtels : fermés. Lieux de vies, attractions, cafés, boutiques, galeries : fermés. Mais comme je ne suis qu’à une demi-heure, rien de grave, je vais rentrer. Prendre le bus de 14h50, ben au chaud, je pourrai prolonger jusqu’à une prochaine destination. Etrange, pas de bus. Je vais au pôle principal. En chemin, j’essaye de photographier un chat.

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La mouette mange bien ici

 

Seul animal me bougeant plus que la mouette, mais il fait froid, l’objectif et les automatismes de la machine, patinent. Trop tard, le félin est parti se cacher dans les rochers. Pas grave, les paysages sont là, bien là, dans des couleurs qu’on ne voit nulle part ailleurs. Le terroriste local me rappel à l’ordre. Je me rends donc à l’épicerie-loto-pmu-sandwich-kiosque-jardinerie du coin. Je me renseigne. Quelle question ? Ce 14h50 ne passe qu’en juillet ! Plus que 2h environ à tuer. Je m’équipe d’un café façon norvégien : un payé, les autres pris à la pompe du thermos. Heureusement j’ai mon PC portable, des PDF à lire. Le temps passe, la nuit me nargue, la lumière disparait, la journée avec.

 

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Paysage imbattable

 

Suis-je si faible que ça ? Non, on ne va pas se laissé abatte par si peu. Le soir venu, j’ai repéré sur internet un lieu se nommant « Lofoten jazz Klub ». Il y a de la vie, il y a de l’espoir, on verra ce qui est programmé. Les infos sont maigres et en norvégien. Un point sur la google map me pointe le lieu à l’entrée de la ville.

 

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Bienvenue à Venise

 

Lampe frontale, manteau, armure, je reprends mes jambes et les actives. Un peu de marche, pas de repaire. Le jazz klub après quelques questions aux locaux ne semble pas existé. Plus tard j’en déduirais en étudiant la question j’en déduirais que c’est simplement une sorte d’association nomade. Ca fait une belle journée.

 

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Le lendemain c’est le jour du retour, avion, avion et avion. Retour à Paris, puis Saint Denis. Peu de photos. Je boucle donc ce petit périple coloré dans le nord des Lofoten par ce petit billet. J’y retournerai, c’est sûr. Toujours en hiver, car il n’y a personne, et ce n’est donc ni une invasion de touristes ni une armée de moustique. Cette fois, je louerai une voiture…

 

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Publié dans Carnet de voyages

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