Des images dans les cases

Publié le par Fablyrr

Dans mes dernières lectures se trouvent quatre bandes dessinées. Il y a  du Comic et du roman graphique : pour faire simple, disons que ce sont toutes des Graphics Novels. Mais de quoi je parle ? De « La cour des hiboux » (Scotte Snyder et Greg capullo), « Mots rumeurs, mots cutter » (Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini), « Before Watchmen ; Dr. Manhattan » (J.M. Straczynski et Adam Hugues) et « Abe Sapiens : Nouvelle espèce » (T.3) (Mike Mignola, Scott Allie, John Arcudi et Sebastian Fiumara). Vous l’aurez compris, on n’est pas chez les petits bras dans le coin !

Difficile de comparer ces styles très différents tant niveau scénario que dessin, donc je ne le ferai pas, d’autant que ça serait stupide vu que comme vous le savez, j’ai aimé ces graphics novels, sinon je n’en parlerai pas ici.

 

Commençons par le troisième opus d’Abe Sapiens paru en français chez Delcourt : j’avais hâte qu’il sorte. Abe est un de mes personnages préférés et là, on n’est pas en reste au niveau qualité scénaristique, profondeur du personnage et style graphique. Alors avant de poursuivre, il faut savoir que nous sommes dans la seconde phase de l’univers de Mike Mignola. C’est-à-dire qu’Abe n’est pas avec ses petits camarades du BPRD à résoudre une histoire de monstre dans un manoir au tréfonds de l’Amérique. Non (attention SPOILER), ici nous sommes à l’époque où Hellboy a disparu de la surface de la terre, on le dit mort, et les monstres grouilles partout. Ambiance apocalyptique avec des entités de plusieurs mètres de haut avec en guise de sourire des rangées de crocs et de tentacules ! Mais au milieu de tout ça : l’humain et son rapport au monstre. Le questionnement de Abe sur sa nature pour savoir s’il doit être (considéré) un monstre ou non (son apparence a évolué et ses traits de poissons sont plus présents). Il se retrouve dans un patelin avec des groupuscules humains ayants survécus au passage de créatures à gérer des problèmes humains. Un peu comme si le monde était envahi par des zombis, les résistants humains sont en mode « survie », avec un bon crumble d’humanité : trahison, chasse aux sorcières, cannibalisme, vénération exacerbée du divin... Donc un excellent opus servit par un encrage superbe (même si je garde un faible pour le dessin de Jason Shawn Alexander qui avait fait le premier Abe de la série spin off).

 

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De l’humain, on en retrouve dans « Mots rumeurs, mots cutter ». Dans un style graphique plus coloré, destiné prioritairement aux ados, ce roman graphique reprend un personnage de la photo de classe de « Rouge Tagada, premier opus du même duo. Cette fois, l’héroïne doit faire face à l’effet de groupe, la jalousie, et la méchanceté de ses camarades. Amoureuse d’un garçon qui est « réservé » par une autre fille, elle va endurer le pire, perdant sa scolarité. Un livre pour ado, mais pas que. Une histoire forte qui saura réveiller les souvenirs des collégiens mesquins de votre passé. Glissant au passage, la question : victime ou bourreau ? Et oui, car si vous soutenez  celle rejetée par la classe, vous finirez comme elle, avec des chewing-gum dans les cheveux et pire… L’histoire est amenée par un dessin dynamique et jeté, des couleurs vives et bien choisies, et quelques fantaisies de mises en page bien pensées. Un excellent livre aussi, tellement que j’en aurai bien lu 50 pages de plus. Vivement la suite !

 

Retournons chez les héros en noir et blanc avec Batman. Je me suis procuré ce tirage collector en noir et blanc couverture toilé. L’homme chauve-souris se trouve aux prises d’une société secrète que l’on nomme la Cour des hiboux. Je ne peux pas en dire trop sans dévoiler la trame de l’histoire. Mais sachez que cette Cour des Hiboux est puissante, manipule Gotham depuis longtemps, assez pour que Batman replonge dans l’histoire du premier Wayne ayant foulé le sol de la ville. Ça le pousse aussi aux portes de la folie et le lecteur se demande si un de ses proches n’est pas un traitre placé là par la Cour depuis le début. Que vous dire de plus sans déflorer les secrets de cette histoire ? Je crois que c’est le meilleur Batman que j’ai pu lire jusqu’à présent. Le lire en noir et blanc lui donne un cachet supplémentaire (retirant certaines couleurs un peu trop informatisées à mon goût). Même le Miller de la même série (Batman année Un), n’est pas si bon.

 

Enfin, un héros en couleur : Dr Manhattan. L’album, dernier de la série Before Watchmen, nous plonge dans le passé du personnage du titre éponyme, mais pas que. L’histoire nous fait entrer dans la tête du héros. Un dessin superbe accompagné de couleurs indissociablement belles. L’album traite du questionnement existentiel du Dr. Manhattan une fois qu’il est devenu « bleu ». Sa maitrise de l’espace temps, des mondes possibles et parallèle et des effets papillons. Il se demande à partir de quel moment les autres mondes possibles et parallèles sont apparus menant la planète à une catastrophe. A-t-il bien fait d’éviter l’accident qu’il l’a transformé ? Quel est le détail de sa vie qui à tout fait basculer ? Autant de questions prenantes qui font qu’on ne lâche plus ce graphic novel. Et ce n’est pas tout, la narration est menée par une main de maître en juxtaposant les univers parallèles, changeant simplement un détail, ou jouant du sens de lecture, du rythme et de la composition des pages. Ici, pas de fioriture inutile pour dire qu’on retourne le livre le temps d’une page juste pour un petit effet. Non tout est logique, bien pensé et fait pour soutenir la narration. Il est pour moi, l’un des meilleurs, si ce n’est le meilleur des Before Watchmen.

 

Publié dans Critiques

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Charlotte 14/07/2014 17:24


merci!