Un peu de jeux de rôles

Publié le par Fablyrr

Avant de vous laisser tranquille pour votre fin d'année, je voudrais faire un petit billet jeux de rôles (jdr). J’ai comme vous l’avez noté – et grâces à une superbe équipe – terminée l’écriture de Necropolice – qui sortira normalement au mois de mars. La casquette de créateur de ce type de jeu, je la porte professionnellement depuis  deux ans . J’ai fait mes armes dans mes bidouilles d’adaptation de jdr, puis création de cadre de jeu et enfin des jeux écrits pas assez bons pour être viable. Ensuite j’ai fait un peu tout seul (on n’est jamais seul pour un jdr, il y a au moins les équipes de test et de relecture) Project : Pelican qui a  eu son succès d’estime. Cette créativité, cette création devient vite une drogue.

Créateur d’univers est maintenant un métier.  C’est un peu pédant de dire cela comme ça, mais plus le temps passe et plus je me demande si ce n’est pas vraiment le vrai « titre » de mon métier.  Parallèlement à cela, je suis illustrateur et un peu auteur. J’ai mis longtemps à « accepter » mon statut d’illustrateur, et depuis peu auteur. Sensation étrange de se dire que « mais oui, c’est un métier ». A partir de quand sommes nous professionnel ? La première publication ? Le cumul de publication ? La simple création avec des démarches professionnelles pour répondre à des contraintes ? Toujours est-il qu’aujourd’hui le cumul de ces divers métiers me laisse à penser que « créateur d’univers »  est peut-être la définition la plus proche de ce que je fais au quotidien. Mais évidemment sortir des carcans  « je suis un illustrateur/auteur/etc », n’est pas possible dans ce monde avec étiquettes, alors je garderai les différentes casquettes officiellement.  Mais pourquoi je vous raconte tout cela ?

 

Comme pas mal de créateur d’univers (dans lequel j’englobe : auteur, illustrateur, concepteur de jdr, etc), je suis en non stop. En ce moment, j’écris Islendigar. Ce n’est pas une simple écriture. Comme d’autres,  je puise mes  sources qui en l’occurrence sont dans des cultures différentes et historiques. Mais la problématique pour moi dans le jdr c’est  surtout de laisser de la place pour que les joueurs respirent, créent – vous voyez, vous commencez à voir ou je veux en venir.

 

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Cette part de respiration de jeu se trouve dans ce qui n’est pas défini. C’est un peu comme un tableau impressionniste avec des taches colorées qui avec un peu de recul bonne des formes et transmet des émotions.  Et c’est là l’essence même du jdr pour moi. Comme dans le podcast en dessous, le Meneur de jeu dirigiste qui raconte son histoire ou simplement se fait ses délires de démo transposées de jeu vidéo et met se joueurs en tant que simple spectateur, revient à la passivité du jeu vidéo. Vous le savez, je ne suis pas friand de jeu vidéo ou j’ai l’impression de perdre mon temps. Je ne critique pas toute le talent en amont, non mon problème est la passivité du joueur. Il se pose devant la magie de son jeu et comme un bon programme TF1 on lui fait croire qu’il est actif, on lui fait croire qu’il a autant d’interactivités que dans un jdr. Sur le sujet, les échanges du podcast ci-dessous sont bien développés.

 

Dans mes derniers tests de respiration,  à ma table de jeu, il y a les petits papiers. Cette petite méthode permet aux joueurs de prendre la main sur la narration. Pour l’exemple, ça se passe dans un jeu ou il y a un système de flash-back. Les PJ (personnages joueurs) piochent alors quelques bouts de papiers avec des mots clés. L’idée est de raconter un morceau de l’histoire avec ces mots. C’est moi qui fait le choix de ces mots, j’oriente donc la narration, mais les PJ ont totalement la main sur l’univers (je recadre éventuellement si besoin) et toutes les créations du joueur sont ensuite intégrées dans l’histoire globale. Je reprends ensuite la main et dois tenir compte de ce qui a été dit. Ca permet aux joueurs de participer à l’univers. On reste pleinement dans la créativité commune/collective. Cette implication est aussi un moyen de faire pleinement confiance à ses joueurs et l’un est dépendant de l’autre pour l’histoire et il n’y a plus de « Maître de jeux », il y a un Meneur et les Joueurs, et tout le monde est au même niveau.  Cela  m’intéresse plus que dans les mauvais Meneurs cités ci-dessus ou de jouer dans des mondes ou des personnages non joueurs (PNJ) sont puissants et décident de la tournure de l’histoire. Ce qui arrive souvent dans l’adaptation d’univers (je pense à Elric par exemple), mais aussi dans les univers que je qualifie de fermer (L5R…).

Ce que j’essaye de faire dans Islendigar est d’avoir des personnages qui ont les pleins pouvoirs. Les PJ ont le potentiel de devenir des dieux en termes de puissance. Je pense mettre une ligne globale d’évolution du futur de l’univers, mais ca sera plus une ligne de ce qui se produit si les PJ n’interagissent pas avec l’univers  qu’un moule avec des PNJ définis qui décident pour les PJ de ce que sera leur univers. Les PJ sont des êtres déception, comme dans un film ou un romane, si les « héros » de l’histoire sont comme les autres, il n’y a pas d’intérêt à les faire évoluer. La respiration rôlistique me pousse donc à donner plus la main aux joueurs, plus les impliquer dans NOTRE histoire et si par exemple ils font en sorte de tuer un PNJ important, tant que c’est logique pour l’histoire, il meurt. Ce n’est qu’un élément de narration si je le maintien en vie, cela doit être sur les mes critères. Je pourrai décliner le principe dans d’autres supports mais ce n’est pas le sujet. Mon propos ici, e mon intérêt, outre l’interactivité c’est raconter des histoires, quelle que soient les formes et en l’occurrence, vu que nous parlons jdr, de répondre à des problématiques pour essayer de le faire « mieux ». Car l’avantage du jdr, c’est qu’il n’y a jamais de perdant, et si vous passez un bon moment, vous avez gagné, si votre essai n’est pas concluant, ce n’est pas bien grave, la créativité et les essais servent toujours, si ce n’est pas pour vous, j’aime à penser que ça l’est pour d’autres. Donc après la trêve des confiseurs,  trêve de passivité, passez à l’interactif, le vrai pas celui ou vous restez pendant des heures collés devant vos pixels. Enfin après, c’est chacun son choix de vie et de jeux, en tous cas pour 2012, je vous souhaites lien de belles et longues parties chers collègues rôlistes.

 

 http://ia600803.us.archive.org/11/items/RomaricBriandPodcast_bonus_n_2_L_influencedujeuvid_onuit-elleaujeuder_le__avecMat/Podcast_S3_18_BonusInfluence_du_jeu_vido_sur_le_JDRDce.mp3

Ce podcast de la Cellule avec Mathieu Gaborit est très intéressant. Plus que le débat le jeu vidéo vs le jdr, il y a tout une interrogation sur la créativité.

Publié dans Jeux de rôles

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charlotte 30/12/2011 13:15


Bon, et c'est pour ça que je t'ai piqué l'idée des petits papiers. Et que j'ai développé (merci J. Wick) le "je te laisse la main sur un PNJ le temps d'un e scène... Et surtout : bon Nécropolice,
c'était bien, et tout mais quansd est-ce qu'on en refait un ?

Fablyrr 30/12/2011 13:18



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