Je retourne dans mes questionnements rôlistiques avec un sujet qui me taraude depuis maintenant quelque temps. On se retrouve souvent en partie à devoir gérer plusieurs PNJs. Rien de plus naturel me direz-vous, ce qui peut paraître difficile est la personnalisation. Le petit truc qui fait que le dit personnage se détache des autres. Alors quand on est consciencieux, pour les plus importants devant interagir dans le scénario, on prend le temps d’un petit historique voire des traits de personnalités. Mais voilà, une fois en partie il m’arrive de gérer ça avec « l’urgence du PNJ » (UDPNJ). C’est-à-dire, faire entrer en scène le personnage pour un dialogue et en oublier sa particularité pour la scène, simplement parce qu’il y a beaucoup de choses à gérer en même temps. Notez que ce n’est pas là une plainte, c’est une constatation. Alors comment faire ?
La première solution serait de se doper à la caféine pour ne pas tomber dans la fatigue et se laisser avoir par l’UDPNJ. Mais bon, à part être surexcité et jouer la sulfateuse à bla-bla, ça n’arrange pas la situation. Alors je me suis dit qu’il fallait des moyens mémos techniques, mais pas seulement pour moi, aussi pour les joueurs. Il y a peu j’ai noté qu’un créateur de jeu avait récupéré le principe de personnages en carton de jeux de plateaux pour en faire des petits chevalets que l’on pose sur l’écran de jeu. Un visuel pour le joueur et au verso une mini-fiche pour le Meneur. Très bonne idée, sauf que cela ne marche que pour les personnages créés en amont. Le « PNJ minute » se retrouve nu. De plus, faut pouvoir y coller une image…
Tout cela m’a replongé dans mes antiques parties de JDR en club, où on prenait vraiment le temps des choses voire du Meneur hyperdoué pour faire le bruitage de droit dans les parties de Stars War. Oui, vous souriez, mais rien que cela, ça dépote dans la partie. Ce Meneur, que je n’oublierai jamais je pense (Jimmy P.) avait un don pour vous interpréter autant le droid de protocole 6PO que de vous parler en jargon d’unité D2 voire de vous planter comme ça sur le pouce un bon wookie impressionnant… sans compter les tirs de blaser. Mais bon, vous n’êtes pas mon psy alors je vais arrêter de vous parler de mon enfance. Il en ressort un talent certains que tout le monde n’a pas. Il reste donc, les trucs et astuces, et les accessoires. Oui n’en déplaisent à la FFJDR, les accessoires sont des éléments essentiels de parties. Ils ne servent pas à s’immerger pour ensuite courir les sous-sols parisiens et se prendre pour des highlanders coupeur de têtes. Non, c’est pour s’amuser, et pour enrichir les parties.
Il est vrai que quand on prépare on pense à pas mal de choses, puis après, cela demande des efforts pour les mettre en place, mais n’est-il pas merveilleux de faire ces petits efforts pour le plaisir partagé d’une table de jeu ? C’est ça aussi je pense le JDR. Le Meneur est aussi un moteur. S’il fait des efforts, les joueurs en feront aussi dans leurs actions et interprétations. Et là on lance un cercle vertueux ! Bon toujours est-il pour en revenir à ces UDPNJ il faut donc les personnaliser. Alors il y a pas mal de trucs connus comme l’accent, le tic, voire le toc. Ces caractérisations de langage – ou physique– sont très bien. On fait en sorte que les PJ se souviennent du dit PNJ, parce que c’est « celui qui zozote », celui qui « a l’œil qui tressaute », celui qui « se fait des torticolis pour regarder les femmes tout en vous parlant », etc. Parfait, mais pas facile de tenir la cadence sur la durée, d’autant plus qu’à force de passer de l’un à l’autre des tics et toc vous finirez par en avoir ou ne plus savoir où vous en êtes. Donc peut-être qu’il faut en revenir à l’accessoire tout bête. Le chapeau du détective privé, le stylo dans la bouche pour parler flic terreux, où le crayon sur l’oreille du journaliste. Évidemment, si vous donnez dans la fantasy faudra tabler dans les oreilles pointues ou le tabouret pour enfant pour interpréter le nain. Bref, c’est loin d’être facile. Alors, peut-être qu’il faut simplifier les choses, et prendre le temps de les interpréter. De fait, étant très nombriliste, je me demande si mes petites fiches de PNJ minute avec les mots clé ne sont pas le plus simple pour cela.
Les mots clé vous inspirent des choses sur le moment, et de parti en partie, ce ne sont peut être pas les mêmes. Du coup, cela change un tout petit peu l’interprétation, mais, vous restez dans une sorte de champ lexical. Et donc vous préserver l’identité du personnage. Il y a évidemment peu de changements quand le mot-clé est « » pour reprendre l’exemple, toujours est-il que c’est l’intérêt d’en avoir quelques-unes pour le même perso. C’est un peu comme quand dans un film ou dans la vie vous croisez une personne, c’est la même, mais elle à le droit de changer de vêtement ou de coupe de cheveux.
Et pour conclure une petite parenthèse : le petit bonus « accessoire », je l’ai aussi placé différemment dans Islendigar comme vous pourrez le voir ci-dessous.
>Copié/collé d’un élément d’Islendigar (non corrigé) – “il” est ici le Meneur.
Il gagne autant de points de Peuple, qu’il y en a de différents représentés autour de la table par les PJs et autant de points de Climat qu’il y a d’intervenants autour de la table. Pour ce dernier point on compte dans les intervenants : le Meneur, les joueurs, et toutes les personnes et objets contribuant à l’ambiance de l'histoire, – par exemple : un conteur venant durant la partie interpréter un skald, un ordinateur diffusant des représentations de décors ou de PNJ, un système audio diffusant une bande-son appropriée, une source de lumière spécifique, une représentation sommaire d’une carte que les PJs vont trouver, etc.
Oui, en fait mes réflexions ne sont pas dans le vide, quand je peux je les utilise en partie mais aussi dans la création de JDR. Les points en question sont ensuite dépensés en partie par le Meneur en suivant un coût et cela donne du ressort au scénario. Ces accessoires sont donc en partie utilisés à différents niveaux.
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