X milliers de signes plus tard

Publié le par Fablyrr

Souvent, sur Internet, je vois des commentaires d'auteurs fiers de leurs milliers de signes. C'est un phénomène étrange. Je n'ai jamais trouvé d'intérêt à cela et maintenant que je me lance dans l'écriture d'histoires plus longues, je n'en vois pas plus. Mais il y a ce petit truc. Hier, j'ai dépassé le 44 000 signes. Donc la question s'est posée d'elle-même sur le chiffrage ou ce que certains arrivent à nommer le kilosigne. Je n'aime pas ce mot : je n'écris pas s'histoire avec une brouette de mots que je balance dans une trou.

 

D'un point de vue éditoriale, nous avons des contraintes de place. Lorsque j'ai écris, avec la CréaTeam, Necropolice, nous avions pour contrainte un jeu ne faisant pas plus de 600 000 signes. Tout simplement car le format de la collection l'impose. ça a eu pour avantage de découper tout cela en morceaux de x milliers de signes : chacun une masse de travail à peu près équivalente. Bon, au final, nous nous sommes tous plus ou moins repassés des petits bouts, mais dans le processus d'écriture collective c'était pour moi un bon atout. En ce moment, je suis en plein dans mon projet H&G. Il faudra que je l'illustre, mais avant tout, je dois l'écrire. Avec mon synopsis, je visais un nombre de signes pouvant se caler dans ce genre de format. Mais au cours de l'écriture, je me suis simplement rendu compte que ça me permet d'avoir une jauge. Ce qui doit primer, ne nous trompons pas, c'est l'histoire. Vous vous rappeler à l'école quand on vous demandait de faire des résumés en x mots avec plus ou moins 10% ? Ici cela fonctionne pareil. On a une fourchette collant à un format final.

 meme pas peur-web

Mais pour reprendre le sujet, ma jauge est devenue importante. Je ne fais pas partie des auteurs qui souffrent en écrivant. Si je raconte une histoire, c'est que ça me plait, donc cette jauge me sert à m'organiser dans la narration plus que me dire "encore 30 000 signes et j'ai fini...". En l'occurrence, pour H&G, j'en suis à peu près à la moitié de mon histoire en nombre de signes voulus. Cela me permet de savoir que dans le découpage narratif, je dois faire avancer tels et tels niveaux de l'intrigue. Ni plus ni moins. J'ai pour cela x milliers de signes et ainsi je reste cohérent dans mon chapitrage et dans l'évolution de l'intrigue. Un peu plus tard, grâce à ma jauge, je saurai que je dois passer dans le dénouement. Evidemment, ce n'est qu'informatif car, comme je le précisais, je ne compte pas coller à un nombre de signes fixes. Certains auteurs se sentent porter par leur  plume et coulent du signe en se mettant dans une histoire avant de voir le format définitif. Mais je suppose que commencer par être illustrateur donne une méthodologie différente. En illustration on ne peu se permettre dans tous les sens, la composition prime. Donc chacun son truc. Ou alors c'est Charlotte qui a de l'influence sur moi...

 

L'autre information que je commence à en tirer, est aussi la masse de travail et le nombre d'heures que j'y passe. Non, rassurez vous un auteur/illustrateur n'est pas payé à l'heure.  Mais pour organiser mes journées c'est utile. Je peux donc savoir combien de temps je passe sur un texte et sur une illustration. Là encore, c'est à la louche car la création prime sur le nombre d'heures et de plus il y a les aléas (coup de téléphone, manque de matériel, panne informatique, ...).

 

Maintenant vous pouvez me demander pourquoi je vous en parle. Je n'ai pas de réponse ... peut-être que c'est un simple partage d'expérience.

Publié dans fablyrr

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