Jeudi 16 février 2012 4 16 /02 /Fév /2012 20:55

Dans la suite de mes questionnements rôlistiques, je me suis demandé ce jour,  pourquoi les PJs étaient la plupart du temps sans attache humaine. J’entends par là que quand à la création ils se trouvent avoir un enfant ou pourquoi pas un parent, les jeux les mettent souvent comme « charge », sous entendu comme un désavantage, un truc lourd à trainer derrière soi.  Dans le roman que je lis en ce moment (« Meurtre au 18e trou ») le personnage principal, un jeune inspecteur, a lui aussi sa « charge » : sa vieille tante qui l’a élevé. Sauf que c’est une personne et non un poids mort à gérer au quotidien.

 

A l’inverse, d’autres jeux présentent ces personnages secondaires attachés à notre héros comme des « alliés » et à ce moment là, on se retrouve à payer le coût d’un avantage, voire coller des talents ou un statut d’importance au dit allié, car mince, on a payé le prix et il ne faut donc pas gâcher la marchandise !

 

Mais ou va-t-on avec ce genre de questionnements peu intéressants ? Certains vont probablement qualifier cela de « prise de tête » et me souligner en gras qu’on est simplement là pour s’amuser. Mais je ne sais pourquoi, je me pose des questions afin de travailler l’immersion des PJs avec leur entourage. Ma première note sur le sujet (http://fablyrr.over-blog.com/article-flashtelling-questions-pour-jdr-98712087.html) parlait un peu du listing de PNJs apparaissant dans les histoires, ici j’aimerais remettre une peu aplat leur utilité.  

Si on prend le principe de l’époux(se) du PJ, et bien regardez un peu à vos tables, il y en a en majorité sur les pré-tirés et ça marche en one shot avec pour simple utilité de placer des infos avec ce PNJ durant la partie ou ajouter un instant dramatique par son enlèvement voire sa mort. Mais alors ça ne sert qu’à ça ?

Je sais qu’on interprète des personnages dans un monde fictif, mais pour moi être marié ce n’est pas un poids au contraire, donc pourquoi cela le serait en partie ? Ce qui nous amène aux différentes possibilités suivantes :

 

http://lettres.ac-rouen.fr/francais/tendre/tendre.jpg

( La Carte du Tendre, gravure, 17è siècle - Paris, B.N.F.)

 

La quête de l’amour / la séduction : nous y voilà, la quête de l’amour en partie, ou le jeu perpétuel de la séduction, c’est ça ! N’oublions pas que la majorité des rôlistes sont, à l’origine, des adolescents et donc en mal de « sensations émoustillantes ». Est-ce une excuse valable ? Je ne sais pas, mais il est vrai que pour le cas du conjoint en jeu, il est aussi intéressant de le rencontrer en scénario, comme si cela faisait partie de la construction du personnage. Alors certes de nombreux JDR font que les PJ commencent jeunes, mais ce n’est peut-être là encore qu’une excuse. Car la quête de l’amour, qu’il soit courtois ou autre, ou encore le jeu de la séduction peut se faire sans contrainte de conjoint. S’entend par là que le principe de fidélité existe avec le conjoint (quoi qu’il est laissé libre d’interprétation à chaque couple), mais si le principe de séduction est important pour le PJ, il a le loisir de le placer à un autre niveau. Par exemple, de manière simpliste partir en mission et séduire un PNJ pour arriver à ses fins pour « son travail ». Mais la séduction peut aussi se placer d’un point de vue amical ou encore dans une relation hiérarchique. La séduction s’est amener à plaire à autrui, les moyens utilisés sont divers mais en prenant pour exemple le JDR Vampire de White Wolf (quelle que soit l’époque ou l’édition) n’est-il pas important d’être dans les petits papiers du Prince ?  Si on laisse place à un cadre plus chevaleresque avec l’amour courtois, il ne faut pas oublier que c’est aussi un jeu avant que cela soit une quelconque relation sentimentale. Nous sommes dans une époque où on ne se marie pas pour des sentiments, mais pour des raisons. Glissez un peu vers une série tv telle que Mad Men, la séduction entre Peggy et Don est ambiguë, mais c’est un jeu de séduction qui reste sur le terrain principalement professionnel et chacun a une relation de couple à coté. Alors l’éternel teenager doit-il uniquement séduire sa dulcinée pour l’épouser ou peut-il passer outre ce principe simpliste pour exister et évoluer dans le monde. Si nous parlons d’un registre plus adulte, avec une autre série tv comme The Wire. Vous croyez que la relation de couple d’Omar est présente pour faire évoluer le personnage ? Non il semble avoir un homme dans sa vie depuis longtemps, on le découvre simplement en avançant dans l’histoire. Croyez-vous qu’il y perd en potentiel de séduction ou en intensité de rôle dans la série ?

 

http://www.wallpaper-gratuit.net/wallpapers/Jeux-Videos/Fear/Fear_15.jpg

 

La peur du PNJ : oui ce qui arrive aussi c’est qu’on ne sait pas, en tant que joueur, ce que le Meneur va faire de notre conjoint. Car après tout c’est un PNJ, on n’est donc pas maître du destin de ce personnage. D’ailleurs c’est souvent un simple nom et qui est pris en main par celui qui écrit les scénarios. Et si nous prenions la main sur son histoire ? C’est un PNJ certes, mais ce n’est pas  n’importe lequel, on peut donc estimer qu’on a un droit de regard sur le caractère ou l’historique de ce dernier. Il suffit pour cela de se mettre d’accord avec le Meneur ou plus simplement de le définir ensemble par un jeu de questions. Ce conjoint on l’a choisi et il nous a choisi comme dans la vie de tous les jours. Vous connaissez les traits de caractère de votre personnage, vous savez donc pourquoi il a des sentiments pour une personne et pourquoi celle-ci peut les lui retourner. Vous pouvez résumer cela par un petit listing à répondre comme si vous étiez votre alter ego : que fera mon conjoint si je suis en danger de mort ? (hystérie, soutien, fuite, etc.) Sur quoi est basée notre relation ? (argent, confiance, obligation, etc.) Comment vous-êtes vous rencontré ? (événement, entremetteur, politique, etc.) Comment voyez vous l’avenir de votre relation ? (durable, éphémère, construite, etc.) Quel est son trait de caractère que j’admire le plus, et celui dont je fais abstraction facilement ? Avons-nous des passions communes ? …

Apprenez donc à ne plus avoir peur du PNJ en participant à sa création et en évitant de mauvaises surprises. Cela n’empêche pas au Meneur de l’utiliser comme ressort scénaristique ou pour étoffer des histoires, mais cela donne corps à un PNJ logique vis-à-vis de votre PJ et donc de leur relation. Nous entrons de nouveau dans un moteur de partie que j’apprécie : la confiance Meneur / PJ.

Et si vous voulez pousser plus loin, pourquoi vous ne prenez vous pas la main de temps en temps sur l’interprétation de ce personnage, ou que ne donnez-vous pas quelques orientations sur des désirs d’évolution pour le PNJ ou la relation : un amant qui trahi c’est violent mais quelle puissance scénaristique si c’est bien fait ; un conjoint qui débarque dans le scénario pour une demande en mariage au mauvais moment ajoute du piment dans la relation ; trente ans de vie communes se concrétisant par une confiance sans faille pour un PJ, plus qu’un allié (avec des points de caractéristique) un lien avec un personnage récurrent, etc.

 

 

 

Le poids mort : au même titre qu’un enfant en bas âge le conjoint peut-être perçu comme une charge. Comment vais-je le protéger ?  Comment est-ce que je peux partir en mission si je ne peux le laisser seul ? Pourquoi est-ce que je l’ai toujours dans les pattes ? Pourquoi se fait-il tout le temps kidnapper ou blesser ? Pourquoi est-ce que je suis avec quelqu’un alors que ce nouveau PNJ tout frais est super sexy ? Tant de questions qu’on ne peut lister…

La réponse unique toute trouvée est : votre conjoint n’est pas une charge mais l’inverse ! Vous êtes le héros, mais si vous regarder des livres ou des films, vous vous rendrez-compte que les conjoints sont souvent essentiels au personnage principal. Pour reprendre sur mon roman en cours cité plus haut, l’enquêteur se tourne vers sa vieille tante afin de parler de son investigation et ainsi en dénouer les fils. Oui c’est un couple, ce n’est pas un conjoint mais cela fonctionne pareil. Et si vous étiez un héros de série policière avec pour passe temps de rechercher des traces d’ADN sur les scènes de crime. Vous-y êtes ? Bien. Seulement à la création de votre alter ego vous avez tout placé pour en faire un génie. Et si c’était vous le maigrichon et votre conjoint la personne plus physique. En gros si c’était vous le poids mort. C’est aussi très intéressant à jouer. Si la femme que votre PJ aime était la meilleure guerrière du coin ? Si l’homme qui s’est entiché de votre PJ était un surdoué ou une personne qui a tellement de statut que vous dépendez plus de sa protection qu’il ne dépend de la votre ?

Ce PNJ est un personnage à part entière. Il peut être séduisant et non pas chasse gardée dans une tour ou votre PJ revient en fin de mission pour… Oui pour quoi ? Jeter un dé et dire que vous avez eu un enfant entre deux scénarios ? Justifier simplement que sa vie est « complète » suivant des standards parce que vous êtes en couple ? Non votre conjoint est important et d’ailleurs, il l’est tellement que comme pour votre vie de tous les jours, il compte et s’implique. Vous n’êtes pas dépendant de lui ou lui de vous, vus êtes une équipe car vous l’avez choisi au moins pour une partie de votre existence.

Donc votre alter ego c’est pareil et d’ailleurs, c’est aussi quelqu’un de tellement important qu’il s’immiscera forcément dans votre vie avec les autres PJ. Je ne parle pas de faire la cuisine pour vos réunions de gunners, mais d’un individu qui réfléchi, agi voire si vous voulez ajouter une petite étincelle pouvant faire exploser la dynamite : si votre conjoint s’intéressait à un autre PJ que le votre ?

 

http://gallery-store.digitalfusion.net/lwordbook/images/P/358_16_p-01.jpg

(Character Board from Season-1. Appears in the L Word Book on pages 216 and 217.)

 

Ce ne sont que trois exemples pour parler de l’atout d’un proche pour vos PJ. J’ai choisi le conjoint car il arrive en partie même ponctuellement – Sauf pour les campagnes où on préfère monter niveau 32 en passant nuit et jours sur les cadavres de monstres, mais ici c’est hors sujet.

Le proche reste bien évidemment un ressort scénaristique, mais pas forcément pour se faire enlever ou torturer. Il y a moult façons de le faire vivre au quotidien, de lui donner de l’importance et de sortir  des standards (même les quelques clichés présentés ici). Comme dans le précédent article, si vous croisez les propositions, vous pouvez aussi l’intégrer comme PNJ du passé de votre personnage et le ressortir le moment venu pour créer la révélation, mais ce qui compte c’est sa présence et non pas le faire valoir de série B car sinon il ne sert à rien. Don va coucher ailleurs quand il est marié, Omar se venge et retrouve quelqu’un après la mort de son copain, Sherlock ne peut exister sans Watson, Mulder et Scully sont deux PJ selon certains critères, mais placez Mulder en fin de série et il est le PNJ pilier d’une relation et d’un mythe…Les exemples sont légions et il ne tient qu’à vous de faire resurgir ces proches et d’en tracer le contour pour qu’ils continuent à exister avec votre PJ et non qu’ils soient construits en aveugle par un Meneur qui ne connait pas aussi bien que cela votre personnage. Même si c’est pas mal de travail pour tout le monde.

 

nb : tou ceci est bien sûr une réflexion sur le sujet et reste donc théorique... Pour l'instant.

Par Fablyrr - Publié dans : Jeux de rôles - Communauté : Le coin des rôlistes
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