Ne rien faire

Publié le par Fablyrr

 

Pour certaines personnes, nous autres auteur et/ou illustrateur, avons des métiers ou on ne fait rien. Je me rends compte que c’est l’impression qui peut se dégager parfois de ce qu’on fait. D’autant plus en ce moment. Je vais donc parler pour ma pomme.

Ce que je fais, vient de ce que je suis, pense, voit, etc. C’est un mode de création qui en vaut un autre. Et pour cela, il faut « ingurgiter », ressentir. Vivre ? Donc, parfois je suis en train de regarder des vidéos, même des trucs ne me plaisant pas. Je me plonge dans des livres, qui ne me seraient jamais venus à l’idée de lire, je regarde des images bougées, des gens dans la rue, etc.

 

Pour parler du registre illustrateur, plus je le pratique, plus je passe de temps à observer. C’est une grande part du métier en fait.  Cela va de paire avec les croquis. Parfois, je regarde simplement un bout de papier, pour voir/comprendre comment il est plié. Savoir si c’est la pluie, le vent ou autre qui lui donne son aspect. Etrange, mais ça fonctionne comme ça. Avec un bout de papier, un arbre, un lampadaire, tout quoi. Le processus est le même pour les couleurs,  imaginer sous quelle formes simplifiée on peut dessiner ça, s’étonner devant l’ellipse d’un objet sous tel angle…voire que le coin de chemise du type qui passe est de travers et que c’est ça qui le caractérise ; que la fille en jupe a peut être de belles jambes, mais qu’on s’en moque, ce sont ses chaussures pourries qui sont vraiment passionnantes dans leur forme. Ouah, la démarche de ce beau gosse est intéressante, peut être pas sexy, mais pouvoir rendre ça au bout de son crayon doit être super intéressant. Et oui, mais pendant ce temps là, physiquement pour le reste du monde, je ne fais rien.

Pour raconter des histoires ? Pareil ! Comment rendre en quelques mots ce sentiment de froid, ce courant d’air, « Oh la belle idée » dans ce film/ ce clip/ court-métrage/livre. On se nourrit au point d’être parfois boulimique, mais pas grave, car on n’est pas là pour ressortir tout cela tel quel. C’est un peu comme mécanicien. Une fois qu’on connait l’emplacement des pièces, qu’on comprend pourquoi ça fonctionne, on peut faire et défaire. On le fait à sa façon, dans l’ordre qu’on veut. Voire, on mélange plein de trucs pour faire du nouveau. Car oui, on vous dira que tout a déjà été raconté et dessiné. Mais comme le photographe, vous n’êtes pas là pour voler une image, vous êtes là pour choisir l’angle, la profondeur de champs, la lumière et en plus vous pouvez ensuite passer au labo pour faire des effets au développement.

 

2012 07 27 1571

 

Donc oui, je ne fais rien.

Nb : j’en profite pour vous glisser le blog d’un ami qui lui aussi regarde avec un œil de photographe.  Il raconte ses vacances à Chicago. Vous me direz que vous vous en moquez, mais encore une fois, vous vous rendrez compte que c’est l’angle d’approche qui est intéressant. Bon aller, arrêtez de ne rien faire sur ce blog, allez découvrir ce qui se passe ailleurs :http://fivechicagoans.wordpress.com/

Publié dans Illustrations

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Charlotte 09/08/2013 15:04


merci d'essayer de me déculpabiliser quand j'envisage éventuellement de apsser une matinée à faire autre chose que penser à bosser... Mais tu as entièrement raison. Faire autre chose, observer,
lire, écouter, c'est essentiel pour notre métier!

Fablyrr 09/08/2013 15:18



yep, on pourrait presque pousser le truc en impliquant aussi "aller au resto"