Matricia, fin d'une époque

Publié le par Fablyrr

Matricia – Archipel des Numinées de Charlotte Bousquet  (Ed. Mnemos, 2011)

 

Quand on prend le livre en mains on est informé dès le début, l'accroche de quatrième de couverture sous entends que ça va être sombre. Un règlement de compte de famille, de la vengeance, presque une promesse de bon polar avec du mafieux dedans. Mais on nous remet vite sur les rails, ici, c'est de la dark fantasy, on a de la magie et pas de doyen ventripotent de bout de table qui va se faire flinguer par une de ses lieutenant ambitieux.

 

Une fois passé la sympathique couverture aguicheuse d'Elvire de Cock, on mets les deux pieds dans l'univers. On retrouve ses marques : calendrier, poésie, citation... Tout un tas de petits éléments enrichissant l'univers et poussant probablement certaines personnes à se demander pourquoi ce n'est pas encore adapté en jeu de rôles. Nous ne sommes pas perdu, comme les deux autres tomes précédent, une femme en couverture. Elle va être l'héroïne de cette histoire, mais cette fois cela ne se passe pas à l'échelle d'une ville ou d'un quartier, on est à l'échelle d'une personne.

 

C'est sur ce point que je reviens sur ma lecture policière. Je suis peut-être une peu monomaniaque, mais il y a un coté introspectif du personnage et une plume à la première personne qui m'évoque un peu cela. En plus, l'ambiance n'est pas très fraiche. la peste ravage l'île de Matricia. Mais c'est plutôt ce genre de peste qui fait que les morts se relèves affamés. L'héroïne nous fait office de fil conducteur de sa vie, ses souvenirs mais aussi au milieu de sa famille incestueuse et décadente. Et surtout de sa vengeance; Pas à pas, dans ce duel de lames de tarot avec son oncle dégénéré avatar de Kebahil, la vengeance de la fille née dans la cité des Morts qui s'est élevée jusqu'au rang de courtisane puis de femme d'ambassadeur. Une vengeance calculée, mais touchante et humaine, avec ses petits moments de faiblesses, ses questionnements, ses manipulations et ses calculs. Parallèlement à cela, Angelo, le nécromancien qui faisait sa première apparition dans Cytheriae. Réhabilité par son ordre, il part en mission pour trouver la source de cette peste. Deux histoire qui se rejoignent petit à petit avec brio.

 

 

Ce livre est vraiment bon. Pas seulement pour son écriture, son histoire et le plaisir que semble avoir eu l'auteur à ajouter quelques poèmes en fin d'ouvrage pour parler autrement de son univers, mais comme c'est la fin d'une époque, il fallait maîtriser cette histoire. Une réussite d'autant plus difficile à mon ses que chaque livre de la trilogie est indépendant l'un de l'autre mais imbriqué dans un univers que l'on se plait à arpenter à travers une lecture d'un texte riche. Le petit plus est évidemment quand on a lu les trois opus et qu'on se plait à trouver toutes ces petites références par ci par là dans l'histoire. Pour conclure, je dirai que c'est donc un très bon livre, qui se termine en fin de cycle mais en restant ouvert. Un jour peut-être une suite ou une histoire sous un autre format qui prendrai la suite. Ca pourrait faire office de prologue à un univers de jeu de rôles ou de bande dessinée... en attendant, avec tout ça, ça donne envie de relire Arachnae.

Publié dans Critiques

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Lace' 14/12/2011 13:12


Une analyse plus fine que la mienne; déjà parce que ce roman m'a touché au coeur, ensuite parce qu'il est effectivement très très bon. Parfaitement maîtrisé, mené avec style et sensibilité.


Une de mes meilleures lectures, tout simplement ^_^