Le chemin parcouru (récit d'un enfant soldat)

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"Le chemin parcouru" (I. Beah)

Après la lecture de ce livre de témoignage, je me suis demandé comment je pourrais en parler sur le blog. Une simple critique ? Un point de vu vite fait, Ne rien dire ? Au final je me suis dis que le meilleur moyen serait de le mettre dans ma rubrique « Histoire ».


 

Le cadre

La Sierra Leone est sur la cote est de l’Afrique, entre la Guinée et le Liberia. Presque un tout petit point sur la carte. La Sierra Leone est une ancienne colonie britannique fondée en 1787 pour y accueillir d’anciens esclaves venus des États-Unis et des Antilles. Sa capitale, Freetown, symbolise le rêve de liberté des esclaves libérés au siècle dernier. Mais la ville e été vidée de ses habitants en raison de la guerre civile qui ravage le pays. Libéré de son statut de colonie en 1961 les problèmes arrivent très vite en interne à cause de la multitude d’ethnies vivant sur place : plus de 25.

En 1967, la première élection met en place le parti unique, mais le pouvoir ne sera effectif qu’ une année plus tard à cause de nombreux coup d’Etat. Siaka Stevens, dirige alors le pays jusqu’en 1985 ou il laisse le pouvoir à son successeur  Joseph Saidu Momoh. Ce dernier prendra la direction du pays officiellement en 1986 et décrétera un Etat d’urgence économique l’année suivante, lançant le pays sur la route de l’austérité malgré l’exploitation diamantaire importante.

En mars 1991 c’est le début de la guerre civile. La raison, outre politique en est le contrôle des mines de diamant. La maltraitance est commune dans ces corps de métier pour nourrir principalement les dirigeants et les réseaux diamantaire des autres pays ; Je ne saurai que trop vous recommander le film Blood Diamond, pour un bon aperçu de ce que sont ces exploitations pour nos beaux pays riche. Les guerres enrichissant toujours les mêmes personnes, le pays subira celle-ci jusqu’en 2002, date officielle de la fin de la guerre suite à l’intervention de l’ONU.

Mais entre temps il y aura en 100 000 et 200 000 personnes de tuées et plus de 2 millions de personnes « déplacées ». Ce dernier terme politiquement correct défini le fait de familles forcées à quitter des terres et en général éclatées. Tout cela nous ramène au sujet principal du récit d’Ishmael Beah : les enfants soldats.




Les enfants soldats

 

Ishmael est enfant comme les autres en Sierra Leone et quand la guerre civile éclate il est dans une ville importante de sa région, loin de son foyer qu’il ne reverra plus. Avec une bande de copains il survivra tant bien que mal quelques semaines en esquivant le mieux possible les dangers des rebelles mais pas les horreurs qu’ils font. Ainsi à 13 ans il verra ses premiers cadavres, subira les premières pertes humaines proches (ses copains) et arrivera à un lieu tout compte fait un peu plus sur. Ce lieu est un village contrôlé par l’armée. Loin de ce que pouvait lui faire subir les rebelles en l’enrôlant de force (là on parle de tortures physiques) il sera embrigadé sous les couleurs officielles de son pays à 13 ans. On lui confiera à G3 (un des deux fusils d’assauts qu’on trouve facilement sur place avec les Ak47) et surtout de la drogue ; Des pilules blanches, puis de la cocaïne et du brownbrown (mélange de poudre de cartouche et de cocaïne). Avec ça et d’autres substances il passera des jours sans dormir, tuera et sera modeler au massacre, allant jusqu’à y prendre plaisir sous des prétextes de venger sa famille. Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire mais disons simplement que Ishmael a eu de la chance de s’en sortir, de la drogue, de la guerre et plein d’autre horreurs. Pas sans mal évidemment, mais grâce à lui on a un témoignage assez réel des horreurs de cette guerre qui en vaut d’autre, car les enfants soldats ne sont pas  propre à la Sierra Leone (Ouganda pour ne donner que le début d’une liste d’exemples car le principe n'est pas nouveau).

Personnellement j’en suis ressorti avec pas mal de choses dans la tête, dont une parallélisme nombriliste me souvenant que pendant que je passais mon Bac, en 96 des enfants torturaient des soldats (enfant ou non) pour le simple plaisir de faire comme dans les seules choses qu’ils voyaient à la tv : Rambo.  C’est assez impressionnant et, sans mauvais jeu de mot, assez désarmant ce genre de massacre, tout ça comme d’habitude pour de l’argent. Car du coté rebelle ou armée, on peut imaginer qu’ils ont les mêmes revendeurs d’armes (officiellement des trafiquants mais récupérant des armes à des gouvernements : regardez Lord of  Wars, ça vous donnera une idée du circuit).

Pour en revenir aux enfants soldats, L'ONU estime à 300 000 leur  nombre actuellement en activité. Ils sont principalement utilisés lors de guerres civiles ou par des entités  paramilitaires en Amérique centrale ou du sud, par exemple. Entre autres exemples, citons les troupes des Tigres de libération tamoul qui ont utilisés des fillettes kamikazes contre l’armée au Sri Lanka. En terme d’importance, pendant la guerre civile en Ouganda on estime que la LRA comportait 80 % de ses troupes en enfants soldats, qu’actuellement 20 % des troupes talibans en sont aussi. Mais ce ne sont que des exemples. Alors pourquoi des enfants soldats, simplement parce qu’ils sont plus malléables à endoctriné, qu’ils sont plus facilement isolable socialement et donc une fois leur repères brisés ils tuent plus facilement. Enfin entre autre. Bref un livre assez puissant que je recommande vivement. J’aimerai pouvoir un  jour faire une relais de ce genre de truc par une bd par exemple si je me sentais plus a l’aise pour en faire une bd…

En attendant vous avez un livre à lire, et faite aussi un saut sur Amnesty Internatinal, car grâce à ce genre de structures des enfants ont pu être sauvés.

 

 

 Le site d'Ishmael Beah : http://www.ishmael-beah.fr/site/accueil_site_ishmael_beah_&600&isb01.html

 

Publié dans Histoire

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charlotte 20/10/2009 12:42


je vais le lire - et bravo pour cette mise au point.