La peau des rêves - Nuit tatouée

Publié le par Fablyrr

La peau des rêves 1 : Nuit tatouée – C. Bousquet (ed. Galapagos)

 

Comme souvent je vais commencer par parler de l’objet. Outre une magnifique illustration de Mélanie Delon, jolie techniquement mais aussi très bien pensée dans son cadrage et ses couleurs, il faut noter pour ce livre un pelliculage gommé. Cela donne à la couverture une espèce d douceur très agréable. En plus, un vernis sélectif recouvre le titre du roman. Très loin des vernis sélectifs balancés sur des couvertures un peu trop kitch à mon goût, ici c’est subtil et permet d’avoir une première image de l’histoire qui va suivre. Donc plutôt très bien pour une première impression du livre mais aussi pour un des trois premiers romans de cette nouvelle collection chez Galapagos (dirigée par le très doué T. Lefèvre).

 

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L’histoire maintenant. C’est toujours pour moi difficile de parler des œuvres de Charlotte. Ne pas tabler dans le trop-subjectif ou encore partir à l’inverse pour chercher les mauvaises choses afin de paraître objectif pour les lecteurs. Donc pour ceux qui ne suivent pas ce blog, je ferai… comme ça vient.

On entre de plain-pied dans un univers post-apocalyptique. Ici il y a une terre dévastée, on comprend assez vite qu’on est loin de rire tous les jours et qu’on fait nos premiers pas dans l’histoire par (Barce)’Lona. Une brève Barcelone ou le climat peu clément est plus proche des tempêtes de sable de Mad Max et où les seuls éléments sortant de la masse sont les bâtiments de Gaudi… Comme quoi l’art subsiste pas mal aux cataclysmes. De ce dernier d’ailleurs on ne sait rien. Pas depuis combien de temps il a eu lieu, pas quoi il a ressemblé. Seulement qu’il a fait plusieurs millions de morts, que le climat est devenu chaotique et violent et qu’il a laissé derrière lui des hommes (Norms), des cannibales, des Chimères et un tas de monstre qu’on ne défini que par un vocabulaire bien dégueu’ qui fait peur.

Sans trop dévoiler de l’histoire on a ici une narratrice, « Ximena » qui fait un fil conducteur pour raconter l’histoire d’une ado découvrant peu à peu sont identité. Mais ça serait trop simple de le résumer ainsi et dommage de vous révéler trop de choses. Je vais donc essayer un petit exercice à mi-chemin : au milieu d’une terre dangereuse du cœur de paris dévasté, dans les ruines d’un théâtre vit la jeune fille. Elle se sent un peu à part et pas seulement parce qu’elle est la seule à lire des pièces de théâtre dont elle récupère les textes dans les ruines. Non elle a un tatouage et veut savoir d’où il vient, ce qui la mène sur le chemin de son histoire familiale, des conflits internes, des conflits avec d’autres clans et surtout un thème important pour l’auteure sur la différence. Ici se côtoie bon gré mal gré des gens « normaux » qui le sont en apparence et par des espèces de normalités d’un autre temps, des Chimères – mi humain mi anima l – qui ont eux aussi leur société et qui est tout aussi raciste que la première, des cannibales passants de temps à autre pour un petit gueuleton, et Ceux-d’en-dessous créatures chtoniennes vivant dans les sous-sols de l’ancienne capitales qui font passés Cthulu et ses petits copains pour une bande de touristes.

 

J’ai une approche assez brouillonne du livre mais lui n’est pas comme ça, il se laisse dévorer très rapidement, on en redemande à la fin et on passe d’une émotion à l’autre en suivant l’héroïne, ses rencontres et ses découvertes. Pour conclure je dirai que les références théâtrales sont un vrai plaisir, surtout si on aime bien Othello, Roméo & Juliette, Cyrano de Bergerac. J’ai aussi particulièrement apprécié le petit jeu de piste parisien avec des restes de panneau ou de nom de station de métro qu’on se plaît à deviner par ci par là. C’est difficile de partager intelligemment ce qu’on aime alors je ne peu que vous encourager à le lire pour vous faire une idée, mais je pense que vous ne serez pas déçu, on passe un très bon moment de lecture, on ne s’ennuie pas un instant, les personnages sont bien campés et l’intrigue/l’histoire vous emporte véritablement.

Publié dans Critiques

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