Identification narrative

Publié le par Fablyrr

Une bonne problématique pour les auteurs et les illustrateurs. L'identification.

Car quelque part, c'est part là qu'on captive le lecteur/spectateur de l'oeuvre.Il faut le bon personnage et les bons sentiments. Du coup, on se retrouve dans une situation que je nommerais simplement professionnelle, mais qu'on pourrait taxer de marketing : "qui est la cible ? ".

C'est la question posée dans le jargon marketing-publicitaire. Et on peut la poser autrement, mais le terme est assez efficace et générique pour coller à la question posée.

 

Les meilleurs exemples d'identifications visuelles se trouvent en bd. Comme le dit Scott McCloud dans son excellent "L'art invisible", les personnages les plus simples sont les plus efficaces. En gros, il se trouve que Tintin, Mickey et les mangas en général marchent beaucoup mieux, tout simplemenet parcequ'ils sont ultra simplifiés. Quelque part ils n'ont pas de personnalité et donc on peu coller la sienne. Dans un dessin plus réaliste, on étiquette un visage, une identité forte et donc on suit une histoire avec plus de distance. C'est comme ça, c'est l'esprit humain. On pourrait faire le raccourci de dire que les personnages simple sont fait de forme très simples et donc de figure géométriques plus identifiables par le cerveau. Quand on est réaliste on quitte cette sphére d'étude pour entrer dans une approche ou chaque détail a son importance, chaque trait d'un visage doit définir le personnage comme sio on entrait dans sa psyché.

 

Si on prend un site quelconque (www.cnrtl.fr) pour définir cela, on peut tomber là-dessus :

 

" Action de s'identifier, de se confondre avec quelqu'un, quelque chose. Identification de qqn avec qqn/qqc. Il n'existe pas de roman digne de ce nom s'il n'y a complicité entre le romancier et ses créatures, et bien plus qu'une complicité : une identification absolue (Green, Journal, 1948, p. 166).

PSYCHOL. ,,Processus psychologique par lequel un individu A transporte sur un autre B, d'une manière continue plus ou moins durable, les sentiments qu'on éprouve ordinairement pour soi, au point de confondre ce qui arrive à B avec ce qui lui arrive à lui-même`` (Lalande 1968). Synon. projection, transfert. La psychanalyse voit dans l'« identification » la première manifestation d'un attachement affectif à une autre personne. Cette identification joue un rôle important dans l'Œdipe-complexe, aux premières phases de sa formation. Le petit garçon manifeste un grand intérêt pour son père : il voudrait devenir et être ce qu'il est, le remplacer à tous égards (Freud, Psychol. collective et Analyse du moi trad. par S. Jankélévitch, Paris, Payot, 1924, p. 57). L'enfant se plaît au jeu de l'identification, mimant des semaines entières un animal ou une fleur (Mounier, Traité caract., 1946, p. 377). Les conduites parentales de nature répressive sont adoptées par l'inconscient en vertu d'un processus d'identification (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 377).
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Alors pourquoi cet article de blog ?
Simplement parceque je prépare d'autres albums. La dite "cible" est assez jeune et il ne faut pas se perdre dans les codes que l'on couche sur papier. Autant dans le dessin que dans la narration. En l'occurence le personnage ci-dessus, qui n'est qu'un simple pantin de bois, est à coté de la plaque. Je le voulait  "pour fille". Mais en fait il est plus qualifiable de "sexy", féminin" voire "SM" dans les cliché du personnage nu avec le masque.

En conclusion, plus on affine son professionnalisme, plus on réfléchit en amont et moins on jette de trucs sur le papier comme ça. Ca parait bête à dire car depuis les classes artistiques,  on rabache que l'idée est la clé de tout bon projet et qu'un "simple beau dessin " ne suffit pas. Des fois on s'égare et la remise sur rails permet de se relancer.  C'est un peu comme dessiner  un personnage pour se rendre compte qu'au final on lui a oublié un doigt. C'est pas qu'on ne sait pas dessiner, c'est que le cerveau fait des raccourcis si on le laisse un peu trop divaguer.
Après la divagation est aussi nécessaire car c'est dans les "erreurrs" que l'on fait de belles découvertes.

Publié dans Illustrations

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charlotte 28/04/2011 10:44



finalement, l'esquisse est un peu comme le plan en écriture, même si les finalités ne sont pas les mêmes!


Et ton petit personnage final est très bien, trouvé-je.